mercredi 11 novembre 2009

L'autorisation d'adopter pour une homosexuelle ravive le débat politique

L'autorisation d'adopter pour une homosexuelle ravive le débat politique
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 11.11.09 | 15h02 •

Au lendemain de la décision rendue par le tribunal administratif de Besançon, qui ordonne au conseil général du Jura de délivrer à une enseignante homosexuelle un agrément d'adoption dans les quinze jours, tour d'horizon des réactions des responsables politiques.

Bien que la décision du tribunal n'accorde pas d'agrément au couple mais bien à la seule demandeuse, ce qui n'est pas une première, le débat se place sur le terrain de l'adoption par les couples homosexuels. "Le jugement rendu n'est pas une reconnaissance du droit à l'adoption pour les couples homosexuels, mais le simple rappel qu'en droit français, un célibataire peut obtenir un agrément en vue de l'adoption, a souligné Michèle Tabarot, présidente du Conseil supérieur de l'adoption et députée UMP des Alpes-Maritimes. Dans l'affaire en question, il n'y aura qu'une mère adoptive et sa compagne restera un tiers vis-à-vis de l'enfant", a-t-elle insisté.

Blog Homosexualité et adoption : rien de nouveau sous le soleil (346)
Compte rendu Le Nouveau Centre favorable au mariage homosexuel
Compte rendu Le gouvernement reste opposé à l'adoption par des homosexuels
Les faits La justice autorise l'adoption d'un enfant par une homosexuelle
Les faits La maire de Montpellier veut que le mariage s'ouvre aux homosexuels
Les faits La justice donne à deux homosexuelles la délégation d'autorité parentale avec exercice partagé


© expression publique

À DROITE

Le président du Nouveau Centre et ministre de la défense, Hervé Morin, est "favorable" à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels. "L'amour d'un couple, c'est beaucoup mieux que les services de la DDASS." "Ce qui compte, d'abord et avant tout, c'est l'amour que peut avoir un enfant, quelle que soit la configuration du couple", insiste-t-il.

La secrétaire d'Etat chargée de la famille, Nadine Morano, a déclaré qu'"il n'y a pas de projet pour réformer l'adoption en faveur des couples homosexuels. C'est un engagement du président de la République", tout en ajoutant qu'"il faudra ouvrir le débat, pourquoi pas lors de la prochaine élection présidentielle en 2012" et "sortir de l'hypocrisie qui existe en France".

Le porte-parole du gouvernement et ministre de l'éducation, Luc Chatel, a rappelé "que le gouvernement a eu l'occasion de dire à plusieurs reprises – le président de la République lui-même s'est exprimé sur le sujet – que nous n'étions pas favorables à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels".

Dans un communiqué, Christian Vanneste, de l'UMP, a condamné "la malheureuse décision" du tribunal qui "fait l'objet de l'habituel rouleau compresseur médiatique du groupe de pression homosexuel".

"Dès qu'il y a un enfant, il faut un papa et une maman", a déclaré le député UMP Eric Raoult à l'Assemblée.

Dans un communiqué, Marine Le Pen, vice-présidente du FN, écrit : "Ainsi donc, sans que les Français ni leurs représentants élus n'en aient décidé, sur simple décision d'une instance européenne et de la Halde, structure technocratique sans légitimité démocratique, on assiste à un bouleversement du droit de la famille." "Comme dans l'affaire [Frédéric] Mitterrand, cette décision consacre la disparition d'une certaine morale d'Etat et le triomphe d'une société hédoniste où les volontés de certains adultes priment sur les droits légitimes des enfants."

À GAUCHE

Le député socialiste Patrick Bloche, affirme que "la société est prête à accepter que des couples homosexuels adoptent des enfants. La loi doit être modifiée". M. Bloche parle d'une "jurisprudence qui oblige le législateur à prendre ses responsabilités". "Quand le législateur le veut, il peut être en phase avec la société. Le pacs en est l'exemple fort", a ajouté celui qui fut rapporteur de la loi sur le pacs il y a exactement dix ans.

Le député-maire Noël Mamère (Verts) qui, en 2004, avait symboliquement célébré un mariage entre deux hommes dans sa mairie de Bègles en Gironde, salue "une grande victoire. C'est le rêve que le droit est en train de rejoindre la société. Le combat mené par des avocats et un certain nombre d'entre nous est maintenant une réalité reconnue par le droit". "C'est un pas très important qui vient d'être franchi. Nous espérons surtout que ce symbole deviendra réalité pour les couples homosexuels qui demandent la reconnaissance de leur droit de parent", ajoute-t-il.

Le Parti communiste français "espère que cette décision fera jurisprudence en France et dans tous les pays de l'Union européenne". "L'adoption par des célibataires est autorisée en France, et il n'est fait nulle part mention de l'orientation sexuelle de l'adoptant dans les textes réglementaires. Le rejet par l'administration française des demandes répétées de cette femme, institutrice, n'était donc motivé que par des préjugés homophobes", selon le PCF.

DU CÔTÉ DES ASSOCIATIONS

Sous le titre "Adoption par un couple d'homosexuelles : 11 ans de procédures judiciaires contre la discrimination homophobe !", SOS homophobie se réjouit dans un communiqué "de cette victoire contre l'homophobie".

L'association militante Homosexualités et socialisme "se réjouit, et rappelle que les citoyens interrogés cette année dans le cadre des états généraux de la bioéthique se sont exprimés, à l'unanimité, en faveur de l'ouverture de l'adoption aux couples de même sexe."

Pour la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC), "l'éducation d'un enfant et en particulier le processus progressif de la découverte et de l'affirmation de son identité sexuelle, exigent plus que de simples 'référents' de deux sexes, mais bien la présence d'un homme et d'une femme qui entretiennent une relation stable d'amour. Pour la CNAFC, cette décision de justice démontre la nécessité que le législateur clarifie ce qu'est l'intérêt de l'enfant. La CNAFC demande au législateur de prononcer sans équivoque le droit de l'enfant à avoir un père et une mère et de rappeler formellement que ce droit est premier, il prévaut sur tout 'droit à l'enfant'".

GayLib, mouvement proche de l'UMP, "regrette qu'il ait été nécessaire d'en arriver à une décision de justice pour faire reconnaître la capacité des homosexuels à adopter. Puisque cette capacité est reconnue, nous demandons à ce que l'agrément en vue d'une adoption puisse être accordé également aux partenaires d'un pacs. Dans le cadre de l'intérêt de l'enfant, ce qui est valable pour un seul futur parent doit devenir possible pour un couple. Dès lors, de même, rien ne s'oppose à l'adoption par le second parent (parent social homosexuel) pour les enfants, ne disposant aujourd'hui que d'une seule filiation".

Le Collectif contre l'homophobie "se réjouit de la décision de justice rendue ce jour par le tribunal administratif de Besançon. Elle sonne comme un nouveau camouflet pour Jean Raquin, le président du conseil général du Jura. Forts de ces décisions judiciaires et de la jurisprudence désormais établie, nous veillerons à la stricte application du droit par tous les départements français, en effet ceux-ci ne peuvent pas prétexter de l'homosexualité d'un-e célibataire pour refuser un agrément d'adoption lorsque les conditions requises sont remplies".

Le porte-parole de l'interassociative Inter-LGBT, Philippe Castel, salue la décision du tribunal de Besançon et du conseil général du Jura qui s'est engagé à appliquer le jugement, en déclarant : "Il était temps, une autre décision aurait couvert le conseil général de ridicule". "A un moment, il faut arrêter l'hypocrisie, même si ce sont des célibataires qui produisent la demande d'agrément, la réalité est que ces célibataires vivent souvent en couple, et parfois en couple homosexuel", dit-il. "Si un couple homosexuel offre des garanties pour l'accueil d'un enfant, je crois qu'il est temps pour le gouvernement ou les parlementaires d'autoriser par la loi le couple homosexuel adoptant", conclut M. Castel.

Les combats de l'égalité

sur Sud-ouest

Lundi 02 Novembre 2009

DROITS DES FEMMES. Depuis un an, Charlotte Vergereau est chargée de mission aux droits des femmes et à l'égalité. Ses priorités : les violences conjugales et la parité professionnelle
Les combats de l'égalité

Charlotte Vergereau est chargée de mission depuis un an en Dordogne.


Voici un an, Charlotte Vergereau, 28 ans, a succédé à Anne-Marie Plantié au poste de chargée de mission aux droits des femmes et à l'égalité en Dordogne, après avoir travaillé au Conseil régional de la région Centre et en Poitou-Charentes.

Quelle est la situation des femmes dans le département ? Nous avons rencontré Charlotte Vergereau pour faire le point.

« Sud Ouest ».

En quoi consiste votre travail ?

Charlotte Vergereau. J'ai pour mission, sous l'autorité du préfet, d'appliquer dans le département la politique gouvernementale sur l'égalité entre les hommes et les femmes. On a un rôle d'animation et de coordination des acteurs locaux, en partenariat avec tous les services de l'État. Parmi les objectifs gouvernementaux figurent la lutte contre la violence faite aux femmes, l'égalité professionnelle et la diversification des choix d'orientation des femmes.

Qu'en est-il de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes en Dordogne ?

Quand je suis arrivée ici, je me suis aperçue que deux tiers des demandeuses d'emploi se concentrent sur trois catégories professionnelles : la vente et le commerce, le secrétariat-comptabilité-gestion et les services à la personne. Elles sont très concentrées sur quelques métiers seulement et cela accroît la concurrence. Les femmes en Dordogne sont également très peu qualifiées par rapport à la moyenne nationale ou régionale. Avec l'Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes, NDLR) et le Pôle emploi, nous avons mis en place une journée portes ouvertes le 2 avril dernier, qui visait à étendre le champ des possibles aux femmes en recherche d'emploi, pour qu'elles aillent vers des emplois qui sont traditionnellement consacrés aux hommes. Ces échanges ont touché entre 80 et 90 femmes demandeuses d'emploi. Nous pensons recommencer cette action l'année prochaine.

Concernant les jeunes femmes, quels sont vos objectifs ?

On a voulu s'attaquer au problème des inégalités en amont. Hommes et femmes ne choisissent pas les mêmes métiers et, pour changer cela, il faut s'y attaquer le plus tôt possible. Pour le salon Info Sup Carrières, les 10 et 11 décembre, on voudrait faire un focus spécial sur l'orientation des filles vers les filières scientifiques et techniques. En Dordogne, il y a 38 offres de formations professionnelles différentes. Sur ces 38, on retrouve les filles dans 11 d'entre elles et les garçons dans 27. On voit que le champ des possibles pour les filles est quand même très réduit par rapport aux garçons.

Votre autre priorité, c'est la lutte contre les violences faites aux femmes.

La préfecture a une commission départementale d'action et de lutte contre les violences faites aux femmes qui rassemble tous les acteurs de l'accompagnement des femmes victimes de violences. Actuellement, nous menons un travail avec la Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales, NDLR) et l'ensemble des centres d'hébergement de secours du département. C'est une étude pour évaluer les besoins d'accueil d'urgence, toutes violences confondues et à tout âge. Il s'agit de faire un diagnostic et d'évaluer le nombre de places manquantes et sur quels territoires. L'enquête n'est pas finie, elle se poursuivra en 2010 pour affiner un peu les données. Nous avons également mis en place une formation pour les professionnels, qui visait à mieux détecter ces violences et à savoir comment on accompagne ces femmes, dans leur parcours. Cette formation sera reconduite en 2010 parce qu'elle a eu beaucoup de succès.

Un nouveau dispositif pour les hommes violents a été créé.

De quoi s'agit-il ?

Ce dispositif, c'est Halte violences. Ce sont des groupes de responsabilisation financés par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance. Pour le moment, ça marche bien et, visiblement, il y a une réelle prise de conscience par les auteurs. Une quarantaine d'hommes est passée par ce dispositif et ils ressortent en se disant « je n'ai pas à me conduire comme ça avec mon épouse ou mon ex-femme, j'ai des problèmes à régler et je vais me faire suivre par un psy ». On obtient cela par la suite mais au départ, ils nient tous en bloc. C'est un groupe de discussion animé par des psychologues, sur plusieurs semaines. On va voir, dans les faits, après une évaluation, puisque c'était expérimental, si les hommes qui sont passés par ce groupe réitèrent leurs gestes ou pas. Cela pourrait être un bon dispositif de prévention de la récidive.
Des coups de pouce pour l'emploi

Deux dispositifs, peu connus, existent pour promouvoir l'emploi des femmes.

Le Contrat pour la mixité des emplois est une aide aux chefs d'entreprise qui acceptent de former et recruter des femmes dans des métiers traditionnellement masculins. Cette aide de l'État est un contrat signé entre le chef d'entreprise, la femme recrutée et le préfet.

Le Fonds de garantie pour l'initiative des femmes (FGIF) est une aide pour favoriser l'entrepreneuriat féminin. Seulement 30 % des créateurs d'entreprises sont des femmes en France. Avec ce fonds, c'est l'État qui se porte caution pour une femme qui souhaite créer ou reprendre une entreprise et qui a besoin d'un crédit bancaire. Plus besoin de la caution de son mari ou d'hypothéquer ses biens ou sa maison pour se lancer. Ce système fonctionne bien auprès des femmes qui souhaitent créer leur emploi.
Changer les mentalités dès le plus jeune âge

Les livres pour enfants non-sexistes ont inspiré un spectacle. (reproduction « sO »)
Les livres pour enfants non-sexistes ont inspiré un spectacle. (reproduction « sO »)

Concernant l'égalité hommes femmes ou les violences, pour Charlotte Vergereau, il faut intervenir dès le plus jeune âge. Elle se réfère ainsi aux pays nordiques qui, en agissant dès l'enfance, enregistrent moins de violences sexistes et de choix stéréotypés de métiers.

En 2009, elle a lancé plusieurs actions qui se poursuivront en 2010. Dans un premier temps, avec le Planning familial de Dordogne, Charlotte Vergereau a initié une formation à destination des personnels des crèches et de la petite enfance. « On veut sensibiliser les personnels qui, à travers leurs pratiques professionnelles, parfois de façon inconsciente, peuvent véhiculer des stéréotypes sexués qui sont enregistrés par les enfants », explique la jeune femme.

L'action, menée sur la Communauté d'agglomération périgourdine (CAP) en 2009, a touché 25 personnes et pourrait s'étendre en 2010 à toute la Dordogne, en partenariat avec la Caisse d'allocations familiales.

Spectacle pour enfants

En 2010, la bibliothèque départementale de prêt, qui a travaillé sur la littérature jeunesse non sexiste, devrait sensibiliser ses bibliothécaires au sujet, au cours de deux sessions de formation.

Enfin, concernant la lutte contre les violences, un spectacle inédit à destination des enfants de grande section de maternelle a été créé.

« En 2009, on a travaillé avec l'inspection d'académie, le Planning familial et une artiste, Liliane Bodin, sur la création de ce spectacle. Ils sont partis de plusieurs contes pour enfants non stéréotypés et ils ont combiné cela pour faire un spectacle qui s'appelle "Au pays des Zuns et des Zunes". Ce spectacle a pour but de sensibiliser les tout-petits. C'est adapté à leur niveau de connaissances et de compréhension. C'est intéressant de voir leurs réactions. On veut les faire réfléchir et dire qu'il n'y a pas de rôles de filles et de garçons, qu'ils sont à égalité. »

Trois représentations expérimentales sont prévues : à Lalinde lundi 9 novembre, vendredi 20 novembre à l'école d'Agonac et lundi 30 novembre à l'école des Quatre Chemins à Périgueux.

L'objectif est de présenter ce spectacle dans d'autres écoles maternelles de Dordogne au cours de l'année 2010.
Auteur : Propos recueillis par Julie Martinez

dimanche 8 novembre 2009

La GLFF s'ouvre aux couples lesbiens

FRANC-MACONNERIE
La GLFF s'ouvre aux couples lesbiens
Cérémonie de présentation d'un couple homosexuel à la Grande Loge Féminine

La Grande Loge Féminine de France (GLFF, principale obédience féminine) a accueilli samedi à Paris pour la première fois une "cérémonie de présentation" d'un couple de femmes homosexuelles, a-t-on appris lundi auprès de participantes.


La grand-maitresse de La Grande Loge Féminine de France
La grand-maitresse de La Grande Loge Féminine de France
"Nous faisons cela parce que ce geste revêt une portée politique, pour faire avancer l'égalité des droits, sans aucune exclusive", a déclaré l'une de ces deux femmes, une enseignante d'une soixantaine d'années qui a préféré conserver l'anonymat.

"Il n'y a pas de persécution ou d'exclusion à la GLFF, mais un non-dit et notre idée est que le couple homosexuel soit normalisé", a-t-elle ajouté.

La cérémonie s'est tenue en présence de délégations de la GLFF et de représentants d'autres obédiences maçonniques ainsi que de la Fraternelle des Enfants de Cambacérès, groupement réunissant des francs-maçons homosexuels de toutes obédiences.

Cambacérès, franc-maçon et homosexuel, devint après le 18 Brumaire deuxième consul de la République. Il prit une part importante à la rédaction du Code civil dont il rédigea le discours préliminaire.

La cérémonie traditionnelle de reconnaissance conjugale permet d'accueillir dans les temples maçonniques les conjoints francs-maçons ou non des adhérents.

La GLFF avait voté en 2005 une modification de ses textes constitutionnels afin que les couples pacsés, qui en étaient jusqu'alors exclus, puissent y avoir accès. Elle devenait ainsi la première obédience maçonnique à inscrire cette égalité des droits dans ses textes et la tradition maçonnique.

La GLFF revendique 11.600 adhérentes et s'affirme comme la première obédience maçonnique féminine mondiale.

AFP
Lundi 11 Septembre 2006

NOUVELOBS.COM | 23.06.2008 | 19:28
La Grande Loge Féminine de France a reçu samedi entre ses colonnes un couple de femmes homosexuelles pour une cérémonie de reconnaissance conjugale.

Une "cérémonie de présentation" d'un couple de femmes homosexuelles a eu lieu samedi à Paris à la Grande Loge Féminine de France (GLFF, principale obédience féminine), apprend-on lundi 11 septembre. Cette cérémonie traditionnelle de reconnaissance conjugale permet d'accueillir dans les temples maçonniques les conjoints, francs-maçons ou non, des adhérents.
Selon l'une des deux femmes, une enseignante d'une soixantaine d'années, "nous faisons cela parce que ce geste revêt une portée politique, pour faire avancer l'égalité des droits, sans aucune exclusive". "Il n'y a pas de persécution ou d'exclusion à la GLFF, mais un non-dit et notre idée est que le couple homosexuel soit normalisé", a-t-elle ajouté.

Une ouverture inscrite dans les textes

Des délégations de la GLFF ainsi que des représentants d'autres obédiences maçonniques ont assisté à la cérémonie, ainsi que la Fraternelle des Enfants de Cambacérès, un groupement réunissant des francs-maçons homosexuels de toutes obédiences.
En 2005, la GLFF est devenue la première obédience à modifier le texte de ses constitutions pour permettre l'accès de ses temples aux couples pacsés.
La GLFF revendique 11.600 adhérentes et s'affirme comme la première obédience maçonnique féminine mondiale.



Cérémonie de présentation d'un couple homosexuel à la Grande Loge Féminine

La Grande Loge Féminine de France (GLFF, principale obédience féminine) a accueilli samedi à Paris pour la première fois une "cérémonie de présentation" d'un couple de femmes homosexuelles, a-t-on appris lundi auprès de participantes.


"Nous faisons cela parce que ce geste revêt une portée politique, pour faire avancer l'égalité des droits, sans aucune exclusive", a déclaré l'une de ces deux femmes, une enseignante d'une soixantaine d'années qui a préféré conserver l'anonymat.

"Il n'y a pas de persécution ou d'exclusion à la GLFF, mais un non-dit et notre idée est que le couple homosexuel soit normalisé", a-t-elle ajouté.

La cérémonie s'est tenue en présence de délégations de la GLFF et de représentants d'autres obédiences maçonniques ainsi que de la Fraternelle des Enfants de Cambacérès, groupement réunissant des francs-maçons homosexuels de toutes obédiences.

Cambacérès, franc-maçon et homosexuel, devint après le 18 Brumaire deuxième consul de la République. Il prit une part importante à la rédaction du Code civil dont il rédigea le discours préliminaire.

La cérémonie traditionnelle de reconnaissance conjugale permet d'accueillir dans les temples maçonniques les conjoints francs-maçons ou non des adhérents.

La GLFF avait voté en 2005 une modification de ses textes constitutionnels afin que les couples pacsés, qui en étaient jusqu'alors exclus, puissent y avoir accès. Elle devenait ainsi la première obédience maçonnique à inscrire cette égalité des droits dans ses textes et la tradition maçonnique.

La GLFF revendique 11.600 adhérentes et s'affirme comme la première obédience maçonnique féminine mondiale.

AFP
Lundi 11 Septembre 2006

samedi 7 novembre 2009

Coupé de lui-même (intersexe)

Société 02/10/2009 à 00h00
Coupé de lui-même
portrait

Arthur. Né avec un vagin et un pénis, cet intersexué a été opéré puis désigné fille, quand il se voyait garçon.



Par JULIA TISSIER

Achaque fois qu’il porte la tasse de thé vert jusqu’à ses lèvres, on a la sensation que son poignet va se briser. Lorsqu’il est arrivé au café, en claudiquant, on l’a reconnu à sa silhouette fluette et ses traits androgynes. Brun avec de grands yeux verts, le visage anguleux et d’épais sourcils, Arthur, 31 ans, en paraît dix de moins. Le jeune homme est né avec une ambiguïté sexuelle. A dominante féminine certes, puisqu’il possédait un vagin. Mais un pénis aussi. Ou un clitoris hypertrophié. Tout dépend du point de vue. A l’époque, les médecins ont tranché pour le sexe féminin. Coupé, le bout en trop. Mauvaise pioche : plus de vingt ans après, Arthur s’est fixé au masculin. Il vient de créer une association de soutien aux intersexués.

L’hermaphrodite, c’est d’abord une légende. Fils du dieu Hermès et de la déesse Aphrodite, Hermaphrodite hérite de leur beauté et des deux sexes. Mi-homme, mi-femme. Un mythe intrigant relancé au mois d’août à Berlin, lors des championnats du monde d’athlétisme, autour du cas Caster Semenya. La voix masculine et le corps puissant de l’athlète sud-africaine, reine du 800 m, ont suffi à lancer la polémique sur son identité sexuelle féminine. Loin du terme poétique de la mythologie grecque, la médecine d’aujourd’hui parle, elle, de «désordres du développement sexuel». Chaque année, environ 200 personnes naissent avec une ambiguïté génitale. C’est peu au vu des 800 000 naissances annuelles en France.

Organes sexuels malformés, verge trop petite, clitoris trop gros, testicules sous-cutanés ou vagin inachevé, les intergenres sont inclassables. Les causes ? Diverses : physiologiques, hormonales, génétiques. Nonobstant, la société n’appréhende que deux genres : le féminin et le masculin. Le reste, même s’il existe, dérange. C’est sans doute pour cela que les intersexués sont, dans la majorité des cas, opérés rapidement. La priorité : leur attribuer un «sexe d’élevage» (dixit le jargon médical) au plus vite. Arthur passe au bloc opératoire deux jours après sa naissance. «Pour les médecins, j’étais plutôt une fille.» C’est aussi l’opération chirurgicale la plus simple et puis «mieux vaut un sexe féminin pas totalement réussi qu’un pénis moyennement fonctionnel, explique Julien Picquart, auteur d’un livre sur l’intersexuation (1), on est dans un raisonnement sexiste». On coupe un bout du clitoris d’Arthur. Il est élevé au féminin. Et s’appelle Alexandra (2) jusqu’à ses 26 ans.

Aujourd’hui, Arthur se voit comme «un garçon pas terminé. Un jour, on me dit madame, un autre monsieur». Peu importe. Enfant, il subit les remarques de son entourage, amis, professeurs, etc. A 5 ans, il intègre un pensionnat catholique. Sa différence est vite repérée. «Les grandes m’aidaient à me laver et disaient que j’étais bizarre.» Un jour, l’une de ses institutrices lui ordonne de «cacher ça», en désignant son entrejambe. «Je me souviens que ça l’étonnait. A ce moment-là, j’ai regardé ce qu’elle montrait, j’ai touché mon sexe et elle m’a tapé sur la main en me disant d’arrêter.» C’est le début des non-dits. Des questions aussi. «Je me voyais comme un garçon, mais j’acceptais que les adultes me voient comme une fille.» Délicat de questionner sa mère. «Je la voyais peu et elle était contente de m’acheter de belles robes.»

Issu d’un milieu modeste, Arthur consent à dire qu’il est né dans les Yvelines, mais ne précise pas la date exacte ni la ville. Ni toutes celles où il a habité jusqu’à sa majorité. On sait seulement que les déménagements étaient fréquents. Son père, aujourd’hui décédé, ne l’a pas reconnu. Sa mère, qui «travaille dans les assurances», s’est remariée, a divorcé, s’est remise en couple, s’est séparée. Aucun de ses compagnons n’a fait office de père. Sur le lieu où il habite aujourd’hui, Arthur reste évasif. Il tient à protéger l’homme avec lequel il vit depuis deux ans. Un transsexuel, un «female to male». Autrement dit, une femme devenue homme. Il faut insister auprès de ce méfiant pour savoir qu’il est parti en Suède après un baccalauréat littéraire, qu’il a étudié le suédois, exercé la profession d’instituteur et suivi un cursus de journalisme durant une année. Six ans passent. Il envisage de partir en Irlande mais tombe malade : «Je maigrissais, je perdais mes cheveux, donc je suis rentré en France.» Six mois s’écoulent avant que les médecins n’établissent un diagnostic. A l’époque, il a 25 ans. «J’avais un truc comme ça dans le bide», dit-il, joignant ses mains pour former un rond. Un ovaire enkysté. On lui enlève. Arthur reste persuadé que c’est une des conséquences du traitement hormonal qu’il a suivi durant dix ans. A l’adolescence, des maux de ventre douloureux le conduisent à consulter une gynécologue. Sans examen préalable (il refuse de se déshabiller dans le cabinet), «ni échographie ni prise de sang», la gynécologue lui prescrit une pilule fortement dosée en œstrogènes. «Elle m’a dit que ça allait me donner des formes, se rappelle-t-il, je n’avais pas super envie d’avoir des formes mais bon…».

Grâce aux hormones, son corps change. Des hanches. Des seins. Un peu. A ce moment-là, «j’essaie de pousser le côté féminin à fond». Alexandra porte robe et cheveux longs. Plaît aux hommes mais les tient à distance. Met ses interrogations de côté. Essaie d’être à la hauteur du genre qu’on lui a assigné. Jusqu’à cette opération de l’ovaire qui change tout. A l’arrêt des œstrogènes, les «érections», qu’il avait enfant, reviennent. Douloureuses et enivrantes. Il veut savoir, fouille Internet, découvre l’existence des intersexués. Il se sent «perdu», ne comprends pas que «personne ne s’en soit rendu compte», va voir un endocrinologue, médecin spécialiste du métabolisme et des hormones, passe une batterie d’examens. Verdict édifiant : «Vos hormones, masculines et féminines, sont toutes au top. Je ne peux vous classer dans aucune catégorie.» Cette fois-ci, il choisit le genre masculin, et débute, après une hystérectomie, un traitement à base de testostérone. Il aurait dû prendre un peu de muscles mais «ça ne fait pas trop d’effets», sourit-il en secouant ses bras menus. «Ce n’est peut-être pas trop mal d’y aller en douceur.»

A l’état civil, Arthur est toujours Alexandra. Sa demande de changement de prénom a été rejetée. Il fait appel pour éviter les difficultés au quotidien. La Poste, la banque, des détails qui rendent parfois les choses simples inaccessibles. Il ne va pas non plus voter. Au chômage, Arthur s’ennuie, vient de regarder les cinq saisons de la série Queer as folk et s’occupe de l’organisation de la manifestation Existrans, qui aura lieu début octobre.

Sur son carnet de santé, là où l’on écrit habituellement M ou F, on peut lire RAS.

(1) «Ni homme, Ni femme», La Musardine, 2009.

(2) Le prénom a été changé.

Photo Flore Ael Surun. Tendance Floue

En 6 dates



1978

Naissance dans les Yvelines.

1998

Part vivre en Suède.

2004

Revient en France.

2005

Devient Arthur.

Juillet 2009

Fonde avec un ami l’association Orfeo en soutien aux intersexués.

Août 2009

Affaire Caster Semenya aux championnats du monde d’athlétisme, à Berlin.

Donner les mêmes chances aux filles et aux garçons, ça se travaille dès l'école : Le combat toujours recommencé de l'égalité des sexes

LA veille, j'étais passée à la COuronne au cddp qui jouxte le lycée agricole .. dégoûtée d'apprendre cela une fois que c'est passé ....

LA COURONNE. Donner les mêmes chances aux filles et aux garçons, ça se travaille dès l'école : Le combat toujours recommencé de l'égalité des sexes

Anne Giraudel et Françoise Rossi l'avouent en souriant, elles luttent contre des préjugés ancrés dans les mentalités.
Anne Giraudel et Françoise Rossi l'avouent en souriant, elles luttent contre des préjugés ancrés dans les mentalités.

Un combat d'arrière-garde pour féministes soixante-huitardes, l'égalité des chances ? Certains des 90 participants à la journée organisée hier au lycée agricole de L'Oisellerie sur le thème de l'égalité des chances entre garçons et filles dans le système éducatif le pensaient peut-être au début. « On croit toujours que c'est acquis ! s'amuse et se désole à la fois Anne Giraudel, mais la conclusion, c'est bien qu'à chaque fois qu'on lâche prise, on voit dans les stéréotypes qui reviennent, les violences physiques ou verbales, l'autocensure quant à ses orientations, que non, ce n'est pas du tout acquis. »

Dans les deux sens

Cette animatrice du réseau national égalité des chances travaille plus spécifiquement dans le domaine agricole, tout comme Françoise Rossi, au changement des mentalités. « De la maternelle à l'entrée dans le monde du travail », précisent-elles.

Les 90 membres des réseaux éducatifs du grand Sud-Ouest, des Pays de la Loire à l'Auvergne, ont posé un constat et étudié des pistes sur ce thème, en suivant trois axes : l'orientation, la lutte contre les violences, et la formation des acteurs. « Notre rôle est de servir de poil à gratter », reconnaissent les deux femmes, confiantes, mais pas inconscientes : il s'agit de juger contre des siècles de préjugés.

« L'objectif, ce n'est pas de faire moitié-moitié partout entre filles et garçons. Seulement de faire en sorte que si un jeune a envie d'exercer un métier, il ou elle doit le pouvoir, quel que soit son sexe. » Françoise Rossi précise d'ailleurs au passage que si les préjugés pénalisent souvent plus de filles, ils existent aussi envers les garçons, dans les filières petite enfance par exemple. « L'égalité des chances vaut dans les deux sens. »
Auteur : Haude Giret

jeudi 5 novembre 2009

Diversité et parité : le "Sarkomètre" évalue l'action du chef de l'Etat

Diversité et parité : le "Sarkomètre" évalue l'action du chef de l'Etat
LE MONDE | 05.11.09 | 13h53 • Mis à jour le 05.11.09 | 14h25

Prendre au mot Nicolas Sarkozy : c'est le pari du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) et de l'association féministe Mix-Cité, qui ont établi un "Sarkomètre" - un baromètre mesurant le degré de réalisation des promesses du candidat UMP en matière de parité et de diversité. Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait en effet défendu la "culture du résultat", appelant de ses voeux une République exemplaire qui sache rendre des comptes aux citoyens.

Sur le modèle de l'"Obamameter", un instrument qui mesure la réalisation des engagements du président américain, le CRAN et Mix-Cité ont dressé, à mi-mandat, un premier bilan de la présidence de Nicolas Sarkozy. "Après son élection, le chef de l'Etat avait annoncé que les membres du gouvernement seraient évalués par Eric Besson, alors ministre de l'évaluation et de la prospective, précise Louis-Georges Tin, le porte-parole du CRAN. Notre idée est tout simplement d'évaluer l'évaluateur."

Pour ce faire, les deux associations se sont fondées sur les réponses que le candidat avait faites, en 2007, aux questionnaires du CRAN et de l'Observatoire de la parité. M. Sarkozy avait alors pris onze engagements sur l'égalité hommes femmes - parité au sein du gouvernement, évolution du statut de l'élu, respect de l'égalité salariale - et treize sur la diversité - invention d'une "discrimination positive à la française", introduction de statistiques ethniques, généralisation du CV anonyme "là où elle est possible".

Deux ans et demi plus tard, le bilan est plus que mitigé : sur les vingt-quatre promesses faites par M. Sarkozy, le CRAN et Mix-Cité estiment qu'une seule - la réforme constitutionnelle sur la parité économique et sociale - a été "totalement tenue". Sur les autres engagements, le jugement des deux associations est sévère : onze des engagements sont classés dans les "réalisations peu avancées" et douze dans les "promesses pas du tout tenues".

Au-delà de la nomination, dans le premier gouvernement Fillon, de Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara, les initiatives en faveur de la diversité piétinent : le CRAN estime que le gouvernement n'a pas fait grand-chose en matière de lutte contre les discriminations ou de rénovation des banlieues. "Les ministères ne sont même pas au courant des engagements du président !", sourit M. Tin en citant l'exemple de la création d'un grand centre des cultures noires sur le modèle de l'Institut du monde arabe.

Pour le CRAN, aucune des treize promesses de M. Sarkozy sur la diversité n'a été entièrement tenue ou n'est "assez avancée". Huit sont considérées comme "peu avancées". C'est le cas, par exemple, des statistiques de la diversité ou des mesures pour l'emploi comme la généralisation du CV anonyme ou le fait de réserver les marchés publics aux entreprises dotées du label "diversité". Cinq n'ont pas été "pas du tout tenues", qu'il s'agisse du droit de vote des résidents non communautaires aux élections municipales ou de la création d'un Centre international des cultures noires.

"Il a menti"

En matière de parité, le bilan est également considéré comme décevant. Pendant la campagne, M. Sarkozy s'était engagé à respecter la parité au sein du gouvernement. Ce fut fait pour le premier gouvernement Fillon, mais l'idée a été bien vite abandonnée : l'équipe actuelle ne compte que 34 % de femmes... Le ministère des droits des femmes n'a, en outre, jamais vu le jour, pas plus que la réforme du statut de l'élu qui devait "faciliter l'engagement politique des femmes" ou le "bonus financier" accordé aux partis qui comptent le plus d'élues.

Mix-Cité, une association féministe créée en 1997, considère qu'à part le principe de "parité économique", qui n'a encore été décliné dans aucune loi, le bilan à mi-mandat est décevant : trois des engagements de campagne de Nicolas Sarkozy sont "peu avancés" et sept n'ont "pas du tout été tenus". Au chapitre des déceptions, Mix-Cité classe l'absence de réduction des inégalités salariales - M. Sarkozy avait promis de sanctionner les entreprises fautives dès 2009 - ou l'abandon du droit opposable à la garde d'enfants, qui devait faciliter l'accès des femmes au marché du travail.

Pour les deux associations, le compte n'y est pas. "Nicolas Sarkozy a respecté les engagements envers les privilégiés comme le bouclier fiscal, mais il a menti envers les défavorisés, qu'il s'agisse des femmes ou des minorités visibles", estiment Thomas Lancelot et Samira Ouardi, pour Mix-Cité. Les deux associations demandent la création d'une coordination interministérielle chargée de veiller au respect des engagements pris par le président en matière de parité et de diversité.
Anne Chemin et Laetitia van Eeckhout

dimanche 1 novembre 2009

Koh Lanta ou reproduction d'un ordre sexué ?

La télévision, miroir de la société et projection de certaines de ses aspirations, réactionnaires ou progressistes ?

Vendredi soir, s'est achevée une émission populaire de télé réalité -9ème édition mais c'est la première fois que je la regarde entièrement-, Koh Lanta, et il a été beaucoup question de femmes et même de solidarité féminine : le tout vaudrait une étude -avec l'analyse de la Nouvelle Star 2009 qui aussi dérangé à sa manière l'ordre sexué (chacun-e à sa place ?)-... Il faudra nuancer ces propos par le fait qu'il y a un montage des émissions qui nous montrent cette organisation hiérarchique des sexes et cette "guerre des sexes" tellement appréciée dans notre société antiféministe.

Le casting était, "bien sûr", évident pour les femmes: un très joli casting pour faire court ... deux anciennes prétendantes au titre de Miss France -rien que ça- ...
Pour les hommes, il y avait de tout (pour tous les goûts hum ... hum ...) même si certains canons de beauté étaient aussi présents... Tous âges représentés pour les deux sexes. L'origine sociale semble variée -de l'ingénieur, femme entrepreneure à l'ouvrier, la pompière-. Il serait intéressant de reprendre les situations familiales mais une majorité sont marié-e-s avec enfants. Les plus jeunes étant célibataires.

Se sont vraiment opposées deux manières de jouer : ceux et celles qui étaient prêt-e-s à tout pour gagner -y compris des belles crasses- et ceux et celles qui étaient droit-e-s et honnêtes et qui ont donc perdu... Logique, non ?
Ce monde est magnifique: gagnent les stratèges prêts à tout (mais aussi ceux qui suivent sans trop broncher). Constat très équilibré entre les hommes/ femmes même si la palme revient au deuxième finaliste pour "le pourri" de service... qui laisse entrevoir une faille sur la fin, avec des larmes peut-être sincères, larmes de celui qui vient d'un milieu modeste...
Mais faire venir ses origines et son milieu social au moment où il faut voter -ou pas- pour toi et te faire gagner 100 000 euro, c'est un peu gros ...

Car c'est une société miniature qui s'opère sur ces îles "paradisiaquement dangereuses" ... la reproduction d'une répartition sexuée des tâches s'opère : aux femmes la tambouille, la cueillette et petite chasse (crabes) aux hommes la pêche et le feu, cueillette également ... mais c'est schématique car pour être honnête, il faudrait recouper avec ceux qui ne foutent rien (que des hommes ?) et qui se reposent souvent sur les autres -un peu hyperactifs et hyperactives de la communauté-... Est ce le montage mais on voit surtout deux hommes qui se voient bien "chef", "patriarche" de la "tribu"... Rien d'original à Koh Lanta: on fait comme on nous a toujours dit de faire ... et surtout, comme on sait faire...

Dès le début, les machos complotent pour virer les femmes "moins fortes physiquement" dans une stratégie par équipe face aux épreuves sportives et collectives puis le jeu avançant et la stratégie individuelle ou semi collective -rester dans les quatre derniers- aboutit à éliminer les plus fort-e-s ...

Car si Koh Lanta nous prouve quelque chose, c'est que les femmes ont une force qui va au-delà du fameux "mental": elles savent résister à la souffrance physique ...
Bien sûr il y eut deux blesséEs mais aussi un blessé évacués.
Que la gagnantE -pas unique dans l'histoire de l'émission- ait tenu 3 heures sur un poteau après être restée deux heures dans une position inconfortable -on la sentait très mal partie- nous prouve -s'il le fallait- que ces femmes -d'apparence fragiles pour certaines- ne sont pas "moins fortes" que les hommes. Elles le sont au moins autant ... Plusieurs épreuves physiques "d'immunité" sont gagnées par les deux mêmes femmes: une sera éliminée car trop forte -et pas assez affirmée ?- et l'autre arrivera à passer à travers l'élimination grâce à des alliances -notamment contre la précédente- : c'est la gagnante !

Face à l'alliance machiste, une alliance féminine -pas spécialement féministe- s'opère surtout à la fin - car les logiques de camps de couleurs dépassent parfois celle du sexe- quand nos deux derniers hommes -les deux bons machos du groupe- se retrouvent seuls après avoir viré l'aîné -représentant à lui tout seul de la galanterie, de l'honnêté et de l'hyperactivité communautaire-...

Alliance féminine car elles usent de leur importance numérique pour demander à ce qu'ils se bougent un peu plus pour les tâches quotidiennes ... On sent chez elles un amusement mais aussi presque une culpabilisation d'oser demander ce qu'elles ne demandaient jamais ... Cela apparait démesuré par rapport à ce qu'elles demandent pour un jour ... L'impression que c'est le 8 mars que beaucoup interprètent comme étant LE jour de LA femme: elle ne fait rien car les 364 autres, elle fait tout ...
La réaction de ces machos de service serait risible si elle ne montrait pas leur faiblesse: la peur des femmes est là, tangible... un peu comme celle de la parité à l'assemblée nationale : elles vont prendre "nos places" !!! La différence ici avec la vie politique et/ou "réelle" est qu'ils sont vraiment coincés et obéissent donc à ces dames, flatterie oblige, flatterie mal dissimulée ... Personne n'est dupe ... Ils sont faibles ces hommes qui, comme deux gamins, s'arrêtent sur la plage après la pêche pour faire une pause, craignant à avoir une autre mission à faire ... Faibles et misogynes. Ils se croyaient forts -voire tout-puissants-, alliant la force physique et la force mentale et ils se retrouvent au final dépossédés de ce qu'ils croyaient être leur nature: la position de supériorité ne tient finalement pas à grand'chose... et ils en font l'amère expérience, tout en maugréant, ruminant contre ses femmes qui ont pris -à la rigolade- le pouvoir ... Je pense alors à d'autres hommes, des extrémistes, de sinistres désaxés qui, parce qu'ils se persuadent de ne pas avoir ce à quoi "ils ont droit" -la puissance et le pouvoir- s'en prennent aux femmes et/ou féministes -je pense au massacre de Polytechnique de 1989 et à d'autres encore récemment (Pitsburgh cet été). Leur éducation et leur vie de petits mâles dominants est irréaliste et s'inscrit pourtant bien dans la vie réelle: point de jeu et de télévision mais l'aboutissement poussé à l'extrême de croyances en une supériorité du sexe masculin ... Ce sont ces hommes antiféministes qui n'acceptent pas une répartition égalitaire des droits que le féminisme pousse à faire reconnaître et appliquer que l'ont voit alors émerger dans ce jeu, comme dans la société, alors que des hommes "neutres" -sans être spécialement pro-féministes-, plus tempérés, disparaissent car moins stratèges, moins manipulateurs.

Mais la stratégie féminine n'est pas dans ce jeu spécialement "féministe".
Certes, au début de l'émission, une jeune femme sportive voulait faire gagner les femmes et prouver qu'elles étaient aussi fortes mais cette jeune féministe -la benjamine- devra abandonner à cause d'une crise de tétanie ...
La solidarité féminine prend forme face aux éliminations machistes, malgré l'attachement fort à une "communauté" ("jaunes contre rouges"), ce qui n'est pas sans rappeler que beaucoup de féministes de l'Histoire ont su aussi oublier leurs revendications à des moments importants d'intérêt "général"(solidarité nationale et sociale lors des guerres ou révolutions...)?
Pas féministe car elles profitent seulement de leur importance numérique pour souffler un peu, profiter un peu de leur avantage momentané. Elles savent que c'est inespéré et que cela n'arrivera pas tous les jours. Pas de propos égalitaristes et féministes; juste souffler un peu pour ces femmes "actives" attachées à leur famille... Elles se contentent de peu. Les femmes ont juste joué, non pas ici de leur pouvoir de séduction, mais du poids de leur voix dans les votes où elles sont majoritaires...

Tout va bien : pas de remise en cause de l'ordre sexué à Koh Lanta ou ailleurs.